1984
Détails du produit
ISBN/ASIN: 207036822X
Date de publication: 1972-11-16
Sales Rank: 211
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Media: Poche
Groupe de produits: Book
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L'origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s'est inspiré de Staline pour en faire son "Big Brother", figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l'URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime. Mais Orwell n'oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures...
Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c'est la richesse des personnages, qu'il s'agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir... C'est aussi cette "novlangue", affadie et trompeuse, destinée aux "proles", et ces formules de propagande ("L'ignorance, c'est la force") scandées par des foules fanatisées et manipulées.
1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d'expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques. --Stéphane Nicot

Commentaires en ligne: Moyenne des commentaires client: 5.0/5
Mise en garde visionnaire et salutaire: Note: 5/5
Lire ou relire en 2008, ce roman écrit il y a 60 ans, est une expérience intense.
1984 c'est d'abord et surtout l'oeuvre d'un esprit libre. C'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il a tant marqué la littérature mondiale. Orwell nous met en garde et condamne toute idéologie qui asservit l'individu tout en essayant de se présenter comme un modèle. Pour cela, il a créé l'Oceania, société hyper-totalitaire, archétype de l'idéologie qui prend le pouvoir et oppresse les individus. Ce n'est pas un régime particulier qui est visé, mais l'idée même de totalitarisme et toutes ses formes, y compris les plus subtiles.
Dans cette contre-utopie, terriblement pessimiste, Orwell nous met en garde :
- contre l'usage néfaste des progrès technologiques. "Le télécran recevait et transmettait simultanément. (...) il pouvait être vu et aussi bien qu'entendu. Naturellement, il n'y avait pas de moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir." A l'heure des ordinateurs, réseaux et autre internet, l'Océania et son contrôle absolu sur les individus ne sont peut-être plus loin...
- contre la destruction et la manipulation du passé et de l'histoire qui prive une société de ses fondements et de ses valeurs, finit par ancrer très puissamment les individus dans le présent et l'immédiateté ce qui les rend formidablement manipulables. "Il est nécessaire qu'il croie vivre dans des conditions meilleures que celles dans lesquelles vivaient ses ancêtres et qu'il pense que le niveau moyen du confort matériel s'élève constamment."
- l'appauvrissement du langage. Moyen de communication symbolique, qui est le propre de l'homme, la destruction des mots entraîne la destructions des idées, des concepts et des réalités elle-même. Plus le langage est limité, plus la pensée est pauvre et plus les individus sont influençables.
- l'enfant-roi : dans le roman, l'enfant est devenu tout puissant, échappant à l'éducation des parents. Le statut de dépendance et de soumission de l'enfant est remis en question. Il reçoit les règles du Parti. Face à la crise de l'autorité, de qui les enfants reçoivent-ils les règles aujourd'hui ? De la télévision ? D'Internet ?...
- la guerre : opium du peuple et un des éléments fondateurs du système. Elle canalise les passions de la foule, maintient la peur d'un ennemi extérieur menaçant, et permet ainsi de maintenir l'ordre à l'intérieur du pays et d'asseoir davantage le pouvoir du régime en place. "Le but primordial de la guerre moderne (...) est de consommer entièrement les produits de la machine sans élever le niveau de vie général. (...) la conscience d'être en guerre, et par conséquent en danger, fait que la possession de tout le pouvoir par une petite caste semble être la condition naturelle et inévitable de survie". Combien de guerres y-a-t-il encore aujourd'hui de par le monde ? Combien ont débuté ces 10 dernières années ?
- la pauvreté : garantie de l'asservissement des individus. "La grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle-même , elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être, et la balaierait. En résumé une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance". Combien d'êtres humains souffrent-ils encore de la pauvreté, de la faim aujourd'hui ?
- notre part de responsabilité, notre complicité. Alors que le plus grand nombre a la possibilité de déceler le mensonge, sa faible conscience politique, son égoïsme profond, incarnée par le personnage de Julia, l'amène à ne pas s'y intéresser. On se laisse ainsi endoctriner, même quand on croit ou prétend s'y opposer. "Le Parti ne cherchait pas le pouvoir en vue de ses propres fins (...) il cherchait le pouvoir parce que, dans l'ensemble, les hommes étaient des créatures frêles et lâches qui ne pouvaient endurer la liberté, ni faire face à la vérité, et devaient être dirigés et systématiquement trompés par ceux qui étaient plus forts qu'eux ; (...) l'espèce humaine avait le choix entre la liberté et le bonheur et que le bonheur valait mieux"
Bref, un roman d'une richesse et d'une puissance exceptionnelle. Terriblement subversif.
Tandis que l'on grignote chaque jour un peu plus de nos libertés, je m'interroge : ce roman est-il encore étudié aujourd'hui à l'école ? Je parierai que non...
Pas une ride: Note: 5/5
George Orwell fait parti de ces visionnaires à l'esprit clair et lucide.
Si le contexte dépeint par l'histoire n'est pas advenu en tant que tel en 1984 ou après, il n'en est pas moins présent depuis avant 1984 et encore aujourd'hui.
Si on veut vraiment s'attacher au message d'Orwell qui dénonce la manipulation des masses et de leurs esprits par un pouvoir central alors nous y sommes en plein dedans : manipulation par les médias, consommation à outrance, manœuvres politiques sont la normalité d'aujourd'hui.
Une question : Puisque aujourd'hui plus personne ne peut se passer de sa TV, lorsqu'on aura trouvé l'argument de consommation ou de "sécurité" qui motivera les gens à avoir chez eux des écrans qui les "regardent", que ferez-vous ?
Lisez donc 1984 avant de répondre ...
Référence indispensable: Note: 5/5
Même si les prédictions pessimistes de Orwell ne se sont pas réalisées au point de vue géopolitique, ce livre reste encore une référence incontournable en tant que cri pour l'amour, l'humanisme et la liberté, et contre toutes les entraves. Car même dans une situation politique différente, nous vivons en partie dans un monde devenu Orwellien par certains cotés où les dangers totalitaires existent encore.
Impressionnant: Note: 5/5
Ce livre est tout simplement un must à avoir dans sa bibliothèque. Sans doute le meilleur Orwell que j'ai jamais eu l'occasion de lire.
"1984" d'actualité ?: Note: 5/5
En 1984, de nombreux médiatiques, visiblement intéressés au maintien d'un relatif optimisme dans les populations, s'empressèrent de clamer très fort que George Orwell s'était entièrement trompé dans cet ouvrage jouissant pourtant et non sans raison d'une assez grande et persistante célébrité. D'apres eux, la société décrite dans "1984" n'avait aucun rapport avec la notre.Toutefois, depuis cette date, un certain nombre d'évènements et d'évolutions laissent à penser que ce soulagement était peut-être prématuré.
Ainsi, on ne peut s'empêcher de constater que l'insaisissable Ben Laden et les féroces hordes d'Al Qaida, tantôt vaincus, tantôt ressurgissant de l'ombre, présentent d'étranges similitudes avec le personnage d'Emmanuel Goldstein l'ennemi du peuple et son armée de comploteurs invétérés, tels que les décrit Orwell.
De même, la perte progressive de tout langage signifiant chez nos élites dirigeantes, pourrait bien laisser croire que la Novlangue, qu'Orwell décrit longuement dans son ouvrage, a finalement trouvé sa place dans notre modernité.
Aussi, la multiplication des caméras et des systèmes de contrôle et de surveillance évoque fâcheusement Big Brother.
Egalement, nous pouvons voir désormais presque chaque jour, comme dans "1984", que ce qui était "vrai" hier est devenu "faux" aujourd'hui et que strictement rien ne s'oppose à ce que cela soit rétabli comme "vrai" demain selon ce que décideront ceux qui savent si bien penser à notre place.
Il est vrai qu'Orwell savait fort bien penser par lui-même pour sa part.

