Ennemis publics
Détails du produit
ISBN/ASIN: 2081218348
Date de publication: 2008-10-03
Sales Rank: 1478
Moyenne des commentaires client: 
Media: Broché
Groupe de produits: Book

Commentaires en ligne: Moyenne des commentaires client: 3.0/5
Remarquable: Note: 4/5
Qu'est-ce qui fonde la qualité d'un dialogue ? Sur quoi décide-t-on de réunir deux personnes pour les faire s'entretenir de politique, de philosophie ou de religion ? Y avait-il logique ou raison à faire correspondre Michel Houellebecq, écrivain du désenchantement et de la morosité avec Bernard-Henri Lévy, chantre de l'indignation programmé, figure de l'intellectuel engagé qui joue à faire son Sartre, à moins qu'il ne s'agisse de Malraux ou Camus : autant de références dont il n'arrivera sans doute jamais à se défaire ?
Non.
Bien sûr que non.
Et pourtant, malgré l'impossibilité logique de voir ces deux là se parler, force est de constater que le dialogue est passionnant. Vraiment passionnant.
En deux jours et demi d'hospitalisation, je n'ai pas pu le lâcher, ni eu envie de lire autre chose. Et maintenant que je l'ai fini, je me sens désœuvré et comme orphelin. Ce genre de livre, je pourrais ne lire que cela. S'ils publiaient un deuxième tome de leur correspondance, je l'achèterais sans hésiter.
Et pourtant, ce ne sont pas les mêmes hommes qui se parlent. De Houellebecq, déjà, je n'ai rien lu. Mais je vais m'y mettre... malgré tout, je trouve qu'il n'a pas un très beau style. Ses lettres sont plates avec des formules familières, un manque de rigueur dans leurs constructions et des faiblesses dans l'argumentation.
Face à lui, Lévy joue au professeur. Difficile de faire autrement avec un trublion désenchanté qui balance des horreurs sur la Russie ou la souffrance des uns ou des autres. Lévy le sauve littéralement. J'en ris encore : il n'y a tellement pas de matière dans les lettres de son cadet, que l'aîné réussit à attraper un tout petit morceau de rien du tout qui n'était même pas l'embryon d'une pensée chez son comparse et ce petit bout de rien du tout, il en sort une thèse philosophique !
C'est fascinant.
C'est toute la tristesse du petit employé de bureau mal dans sa peau et complexé face à l'hédoniste jouisseur de sa propre culture.
C'est cette opposition fascinante, moment centrale du livre, entre la vision d'un Houellebecq pour qui l'homme est une pierre lancé dans le vide et un Lévy qui, bien qu'athée, ne conçoit pas autre chose comme vision de l'Homme que celle de créature de Dieu. C'est dans cette opposition stupéfiante entre ce regard désenchanté sur le monde, plein de tristesse et sans sans grande rigueur, comme si ce monde nous écrasait trop pour que nous puissions le penser, et cette formidable envie de vivre et d'en jouir que se noue la thèse du livre.
Et puis, il y a ces pages pleines de beauté et de tendresses sur leurs pères respectifs. Cette façon très touchantes qu'ils ont tous deux de parler de leur géniteur et comment ils ont pu le regarder, enfant. Ce sont des pages d'une grande finesse et qui méritent assurément la lecture.
Plongez-y dans ce livre ! Allez-y ! Vous ne le regretterez pas : une formidable occasion de se cultiver, de plonger dans la pensée juive, de respirer les battements de cœur du monde.
casting!: Note: 3/5
Le casting est bon. D'un côté le magnifique; de l'autre le mélancolique. Chacun dans son rôle. Il ne faut pas changer, puisque ça marche! Et Houellebecq est décidement un grand écrivain. Sans oublier le troisième homme de cette conversation silencieuse, très, très présent: Philippe Sollers...
Intéressant: Note: 4/5
J'adore les roman de M. Houllebecq, donc je me devais de lire cette ouvrage, même si celui-ci n'est pas un roman. J'ai adoré les lettres écrites pas Michel, par contre celles de BHL m'on paru sans interêt. Mais bon, rien que pour la moitié de l'ouvrage, je pense que ça vaut le coût de le lire quand même.
hymne à la littérature: Note: 5/5
Cet ouvrage m'a été offert par quelqu'un qui m'aime et me connaît bien.Je l'ai aussitôt lu avec le plus grand plaisir. Il y a des pages magistrales, peu importe lequel des deux grands écrivains les a écrites (bien sûr, c'est un choc troublant, l'énergie enthousiaste de BHL et l'ombre, somme toute scintillante, de Houellebecq). Chacun plonge avec subtilité dans ses souvenirs et chaque lettre amène le lecteur sur une voie, un vrai cadeau: l'on a envie de relire Nietzsche, Schopenhauer ou Althusser. La rencontre avec Aragon est presque cinématographique, inoubliable, l'hommage à Gary, l'omniprésence de Baudelaire... celui qui aime la littérature ne peut que se délecter de ces pages nourries de culture et de réflexion.
J'aime ces deux auteurs. J'aime leur combat contre la meute, leur façon opposée de concevoir la vie, qui ne peut cependant jamais se concevoir sans la littérature. Merci aussi pour cette comparaison où la correspondance se poursuit comme une partie d'échecs.
En refermant le livre, j'ai ressenti une grande émotion, comme si Michel Houellebecq ( que je crains fragile comme un Edouard Levé) et Bernard-Henri Lévy m'avaient permis de retrouver en quelques heures les très grands auteurs, ceux de leur adolescence qui furent aussi parfois les miens, des citations, des moments inspirés, beaucoup d'humanité. De la nécessité d'écrire, de partager, de communiquer. Les deux derniers échanges sont bouleversants.
A chacun de s'interroger sur l'écriture, l'engagement, la mémoire, la vie, le sens de la vie, la vie des livres.
Bravo à tous les deux.
Faux espoir: Note: 3/5
On m'a acheté ce livre parce que j'aime les romans de Houellebecq.
Personnellement, je pense que je ne l'aurais pas acheté, parce qu'en le feuilletant, je n'aurais trouvé ni ces passages, ni cette fluidité propres à Houellebecq, qui se lit effectivement comme une descente à vélo.
Ici, on en est loin, et ça ne pouvait pas être autrement.
Houellebecq livre quelques pistes intéressantes pour redresser l'hôtellerie restauration et le moral des Français. Notamment le retour du tabac dans les tavernes, et BHL semble être d'accord, à deux ou trois cents pages d'intervalle. Voilà pour ce qui nous concerne, dans ce livre.
Les interventions de BHL sont souvent obscures, pour moi en tout cas. On les lit également comme une descente à vélo, mais sans les freins, ni ce doux balancement du corps qui accompagne le virage. Chaque virgule est une épingle à cheveux, et on va dans le décor. A la fin, on choisit de faire « tout droit », à travers la garrigue et les genévriers. On fait une trouée à travers ses chapitres, sauf sur l'affaire des anciens bouchers de Crécy.
On apprend que BHL a une vie passionnante, dont il a tiré un journal de vingt mille pages. De ce côté, le bougre est convaincant. On ne saurait trop lui conseiller de reprendre le roman, et d'en ciseler ne serait-ce qu'un.
C'est sur cette note d'espoir que s'achève « Ennemis publics ».

